Travail parlementaire | Economie

TOUCHE PAS A MON DIMANCHE !

21 novembre 2008 Organiser des vacances familiales en fonction des cong?s des conjoints est d?j? compliqu?. Sera-t-il aussi compliqu? d?organiser ses week-ends demain s?il faut travailler le dimanche ? Ceux qui demandent l?ouverture des commerces le dimanche ont-ils conscience de toutes les cons?quences de leur revendication ?

Trois questions doivent ?tre pos?es ? ce sujet.

Quel int?r?t ?conomique ?

On dit qu? ? ouvrir les magasins le dimanche, c?est cr?er 30 000 emplois. A cela plusieurs ?tudes, dont celle du Conseil ?conomique et social, r?pondent que l?acte d?achat ne serait que transf?r? de la semaine au dimanche. Les sites qui ouvrent le dimanche perdent ainsi 30% de leur activit? du samedi. Les 30 000 emplois cr??s ne seraient que transf?r?s de la semaine au week-end. D?autres ?tudes montrent qu?? consommation ?gale, un emploi du dimanche supprimera trois emplois de la semaine. La menace portera ?galement sur ceux qui travaillent d?j? le dimanche, notamment les multiples petits commerces de proximit? dans nos centre-villes ou dans nos centre-bourgs en milieu rural.

La logique ?conomique veut qu?on n?effectue pas d?achats suppl?mentaires sans pouvoir d?achat en hausse. La hausse du pouvoir d?achat ne se d?cr?te pas par l?ouverture des magasins le dimanche. A l?instar des heures de temps libre d?gag?es par les 35 heures, l?ouverture des magasins le dimanche risquerait plut?t de cr?er des frustrations et du surendettement.

Quel impact sur notre soci?t? ?

? Ouvrir les magasins le dimanche, c?est donner une libert? suppl?mentaire aux individus, un jour de consommation en plus par semaine ! ?. Et voil? comment on passe du dimanche ch?m?, acquis social obtenu de haute lutte au 19?me si?cle, au dimanche ch?m?, menace pour la libert? individuelle des consommateurs. ? Si nos concitoyens ont envie d?acheter le dimanche, qu?ils ach?tent ! Ouvrez tous les jours, le march? reconna?tra les siens ? L?argument est cocasse car, le travail le dimanche, c?est bien quand cela concerne les autres, mais moins bien quand cela nous touche personnellement. Or, ouvrir les magasins le dimanche ne touchera pas que les commer?ants. Il faudra trouver des modes de garde pour les enfants. Qu?en sera-t-il des services bancaires indispensables ? l?activit? commerciale ? Faudra-t-il livrer les magasins le dimanche ? Le travail le dimanche ne se fera que sur volontariat nous dit-on. Comment peut-on y croire ? Chacun sent tr?s bien que l?ouverture des commerces le dimanche est le cheval de Troie pour une ouverture g?n?rale de l?activit? professionnelle. Qu?en sera-t-il alors de toutes les activit?s dominicales, non seulement les cultes, mais ?galement les activit?s sportives, associatives, familiales? ? N?est-il pas pr?f?rable de ne pas consommer dans les commerces un jour sur sept et de conserver ces moments de fraternit? qui donnent ? la vie beaucoup de sens ? Le travail le dimanche, c?est une menace pour les familles. C?est leur retirer un des rares moments de la semaine o? elles peuvent se retrouver pour partager des moments indispensables qui participent ? la construction de chacun. Pourquoi leur retirer ce refuge essentiel ?

Quel sens donner ? une telle revendication ?

C?est en effet l? qu?est la vraie question. L?homme contemporain est-il uniquement un ? individu consommateur ? ou est-il encore l?animal social que d?finissait Aristote ? S?il n?est que consommateur, ouvrons les magasins le dimanche et laissons le satisfaire son instinct. Si l?homme se construit par les relations qu?il tisse avec les autres, posons-nous la question de maintenir ch?m? un jour dans la semaine durant lequel les relations que nous avons les uns avec les autres peuvent ?tre facilit?es et gratuites.

La r?glementation est souvent trop lourde et faite de tracasseries inutiles quand il faut organiser des manifestations sportives, amicales, associatives et religieuses o? les gens se rencontrent et partagent un peu de leur temps. Elle est en revanche n?cessaire pour pr?server des moments gratuits, sans transaction, des moments de partage en famille ou entre amis.

? Les Fran?ais qui le veulent pourront ne pas consommer le dimanche. Il n?y a aucune obligation mais une nouvelle offre propos?e? affirment enfin les partisans de l?ouverture. Peut-?tre. Il est cependant probable que ce moment privil?gi? de partage et de relations personnels sera s?v?rement frapp? par la concurrence d?une possibilit? de consommer qui n?aura plus de limite.

Aujourd?hui, les Fran?ais ont encore plus besoin de solidarit? qu?hier. Or, la premi?re et la plus vraie des solidarit?s, la plus efficace, la plus riche en relations et en affection, est certainement la famille. Sachons prot?ger cette valeur essentielle et ne pas la fragiliser une nouvelle fois.

Travail parlementaire

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